Thème : La disparition mystérieuse
Genre : Fantastique
Contrainte : Il est interdit de conclure votre texte en disant que le personnage vient de se réveiller d’un cauchemar.
Vous rentrez chez vous et votre maison n’existe plus. Elle est remplacée par une autre maison, habitée par des inconnus. Ces gens, que vous n’avez jamais vus, vous assurent qu’ils vivent là depuis plus de 25 ans. Que s’est-il passé? Comment réagissez-vous? Où allez-vous? Arrivez-vous à vous en sortir? Retrouvez-vous votre maison? Recommencez-vous une autre vie?
Écrire, c’est s’ouvrir à l’inconnu.
Lire, tout comme écrire, permet d’échapper à sa réalité. On peut oublier son quotidien simplement en s’ouvrant à celui d’un autre qui nous ressemble, mais on peut aussi changer d’époque, visiter le moindre recoin de la planète, se mettre dans la peau d’un tueur ou voir le monde à travers les yeux d’un bébé. Un coup parti, on peut aussi rêver de s’égarer dans un monde complètement différent du sien, un monde dont on ne comprend même pas les règles. En fiction, tout est possible. Profitez-en. Oubliez l’école, le travail, vos parents, vos devoirs et le trou dans vos chaussures. Déjouez les lois de la logique. Ouvrez le temps. Faites éclater la plate réalité!
jeudi 26 novembre 2009
jeudi 19 novembre 2009
Semaine 3: Congé!
Eh oui, c'est le Salon du Livre! Je décrète donc un congé d'écriture pour faire le plein de lectures.
À la semaine prochaine!
À la semaine prochaine!
mardi 17 novembre 2009
Texte de la semaine 2 : Aujourd'hui, maman est morte : ou comment je suis devenu violoniste
5 Septembre 2009
Il parait qu'il ne faut pas dire "morte", c'est trop cru, trop vrai. Devrait-on plutôt utiliser un euphémisme et dire qu'elle est décédée ? Ou alors tout bêtement utiliser un autre terme et dire qu'elle nous a quittés ? Qu'importe, elle n'est plus.
Pour une raison que j'ignore encore, lorsque j'ai quitté le centre hier soir, je savais que c'était la dernière fois que je la voyais vivante. Je suis soulagé qu'elle soit enfin partie. À 92 ans, elle n'avait plus la qualité de vie qu'elle avait jadis... Je me souviens que pour ses 88 ans, ma fille Mikaëlle lui avait offert le plus beau des cadeaux : elle serait enfin arrière grand-mère. Maman n'avait pas hésité une seconde avant de proposer à Mikaëlle de l'aider à peinturer la chambre du bébé. Mais dans la dernière année, son état s'était rapidement dégradé. Ses reins ne fonctionnaient plus, elle avait toujours mal au dos...
En arrivant au centre ce matin, je savais qu'elle dormait maintenant pour toujours. Mes deux sœurs et mon frère y étaient déjà, et nous avons divisé nos tâches, nous voulions en finir au plus vite. Hélène, la C.A. de la famille irait s'occuper du coffret de sûreté à la banque, Marcel s'occuperait de remplir les formulaires auprès des arrangements funéraires et Anne contacterait les membres de la famille et les amis.
De mon côté, je m'étais offert pour faire le ménage de la minuscule chambre qu'elle occupait au centre. Les infirmières nous avaient dit que nous avions 5 jours pour libérer la chambre, mais je voulais en finir au plus vite.
J'ai pris de grands sacs et y ai fourré tous les vêtements de maman. Ils iraient directement à une œuvre de charité. Je sais que c'est ce que maman aurait voulu.
Après avoir emballé vêtements, télé, chaîne stéréo et horloge, je me suis approché de ce qui lui tenait lieu de table de chevet. Sur celle-ci se trouvait un coffret de bois fabriqué à la main par mon père il y a de cela plusieurs années déjà. Délicatement, j'ai pris la clef qui se trouvait sur la chaîne que portait maman depuis plusieurs années déjà. L'infirmière me l'avait remise avant de quitter avec le lit. J'ai introduit la clef dans la serrure de la boîte et j'ai l'ai tournée jusqu'à ce que j'entende un petit "clic". En ouvrant la boîte, j'ai trouvé 4 enveloppes. D'une main mal assurée, maman y avait inscrit nos noms. Trouvant celle sur laquelle était écrit le mien, je l'ai ouverte. À l'intérieur se trouvait une corde de violon, accompagnée d'une note.
"Mon beau Jules. Durant toute ma carrière à l'Orchestre Symphonie de Laberge, j'ai toujours utilisé cette corde lors des concerts, et jamais je n'ai joué une seule fausse note. Tu n'as jamais partagé ma passion pour la musique, mais je voulais tout de même te l'offrir. Je t'aime, ta maman."
N'emportant avec moi que le coffret de bois, j'ai filé chez Accord m'acheter un violon.
Il parait qu'il ne faut pas dire "morte", c'est trop cru, trop vrai. Devrait-on plutôt utiliser un euphémisme et dire qu'elle est décédée ? Ou alors tout bêtement utiliser un autre terme et dire qu'elle nous a quittés ? Qu'importe, elle n'est plus.
Pour une raison que j'ignore encore, lorsque j'ai quitté le centre hier soir, je savais que c'était la dernière fois que je la voyais vivante. Je suis soulagé qu'elle soit enfin partie. À 92 ans, elle n'avait plus la qualité de vie qu'elle avait jadis... Je me souviens que pour ses 88 ans, ma fille Mikaëlle lui avait offert le plus beau des cadeaux : elle serait enfin arrière grand-mère. Maman n'avait pas hésité une seconde avant de proposer à Mikaëlle de l'aider à peinturer la chambre du bébé. Mais dans la dernière année, son état s'était rapidement dégradé. Ses reins ne fonctionnaient plus, elle avait toujours mal au dos...
En arrivant au centre ce matin, je savais qu'elle dormait maintenant pour toujours. Mes deux sœurs et mon frère y étaient déjà, et nous avons divisé nos tâches, nous voulions en finir au plus vite. Hélène, la C.A. de la famille irait s'occuper du coffret de sûreté à la banque, Marcel s'occuperait de remplir les formulaires auprès des arrangements funéraires et Anne contacterait les membres de la famille et les amis.
De mon côté, je m'étais offert pour faire le ménage de la minuscule chambre qu'elle occupait au centre. Les infirmières nous avaient dit que nous avions 5 jours pour libérer la chambre, mais je voulais en finir au plus vite.
J'ai pris de grands sacs et y ai fourré tous les vêtements de maman. Ils iraient directement à une œuvre de charité. Je sais que c'est ce que maman aurait voulu.
Après avoir emballé vêtements, télé, chaîne stéréo et horloge, je me suis approché de ce qui lui tenait lieu de table de chevet. Sur celle-ci se trouvait un coffret de bois fabriqué à la main par mon père il y a de cela plusieurs années déjà. Délicatement, j'ai pris la clef qui se trouvait sur la chaîne que portait maman depuis plusieurs années déjà. L'infirmière me l'avait remise avant de quitter avec le lit. J'ai introduit la clef dans la serrure de la boîte et j'ai l'ai tournée jusqu'à ce que j'entende un petit "clic". En ouvrant la boîte, j'ai trouvé 4 enveloppes. D'une main mal assurée, maman y avait inscrit nos noms. Trouvant celle sur laquelle était écrit le mien, je l'ai ouverte. À l'intérieur se trouvait une corde de violon, accompagnée d'une note.
"Mon beau Jules. Durant toute ma carrière à l'Orchestre Symphonie de Laberge, j'ai toujours utilisé cette corde lors des concerts, et jamais je n'ai joué une seule fausse note. Tu n'as jamais partagé ma passion pour la musique, mais je voulais tout de même te l'offrir. Je t'aime, ta maman."
N'emportant avec moi que le coffret de bois, j'ai filé chez Accord m'acheter un violon.
jeudi 12 novembre 2009
CONSIGNE DE LA SEMAINE 2
Thème : Aujourd’hui, maman est morte.
Genre : Journal intime
Contrainte : Dans la peau d’un autre
Pensez à quelqu’un qui ne vous ressemble pas, mais alors vraiment pas. Quelqu’un avec qui vous n’avez pas grand-chose en commun. Quelqu’un de l’autre sexe, qui a le double ou la moitié de votre âge, ou le double ou la moitié de votre poids, le double ou la moitié de votre intelligence ou de votre beauté. Quand vous commencerez à avoir une image précise de votre personnage, écrivez quelques pages de son journal intime, le jour de la mort de sa mère.
Écrire, c’est se mettre à la place des autres.
Quand on écrit, on ne peut pas inventer seulement mettre des personnages exactement comme nous, qui vivent les mêmes choses que nous, en réagissant de la même façon que nous. S’il fallait être un enfant pour écrire de la littérature jeunesse, un tueur sanguinaire pour écrire des romans policiers ou un extraterrestre pour écrire de la science-fiction, les bibliothèques seraient bien vides. Chaque histoire doit comporter un éventail de personnages différents, permettant d’exprimer différents points de vue et différentes émotions. Commencez par dresser le portrait du personnage. Qui est-ce? Quel est son nom? Son âge? Son emploi du temps? Quels sont ses goûts vestimentaires? Culinaires? Musicaux? Où habite-t-il/elle? Vit-il/elle seul(e)? Pour vous aider, vous pouvez vous inspirer d’une personne de votre entourage, d’un personnage de fiction ou même d’un inconnu que vous avez déjà croisé dans la rue. Empruntez-lui quelques-uns de ses traits distinctifs et inventez les autres. C’est plus facile que de partir de zéro. De toutes façons, qu’on le veuille ou non, on n’invente jamais tout à fait.
Genre : Journal intime
Contrainte : Dans la peau d’un autre
Pensez à quelqu’un qui ne vous ressemble pas, mais alors vraiment pas. Quelqu’un avec qui vous n’avez pas grand-chose en commun. Quelqu’un de l’autre sexe, qui a le double ou la moitié de votre âge, ou le double ou la moitié de votre poids, le double ou la moitié de votre intelligence ou de votre beauté. Quand vous commencerez à avoir une image précise de votre personnage, écrivez quelques pages de son journal intime, le jour de la mort de sa mère.
Écrire, c’est se mettre à la place des autres.
Quand on écrit, on ne peut pas inventer seulement mettre des personnages exactement comme nous, qui vivent les mêmes choses que nous, en réagissant de la même façon que nous. S’il fallait être un enfant pour écrire de la littérature jeunesse, un tueur sanguinaire pour écrire des romans policiers ou un extraterrestre pour écrire de la science-fiction, les bibliothèques seraient bien vides. Chaque histoire doit comporter un éventail de personnages différents, permettant d’exprimer différents points de vue et différentes émotions. Commencez par dresser le portrait du personnage. Qui est-ce? Quel est son nom? Son âge? Son emploi du temps? Quels sont ses goûts vestimentaires? Culinaires? Musicaux? Où habite-t-il/elle? Vit-il/elle seul(e)? Pour vous aider, vous pouvez vous inspirer d’une personne de votre entourage, d’un personnage de fiction ou même d’un inconnu que vous avez déjà croisé dans la rue. Empruntez-lui quelques-uns de ses traits distinctifs et inventez les autres. C’est plus facile que de partir de zéro. De toutes façons, qu’on le veuille ou non, on n’invente jamais tout à fait.
dimanche 8 novembre 2009
Texte de la semaine 1: Ce n'était qu'un jeu
Je jette un coup d'œil sur ma montre ; les aiguilles indiquent huit heures treize minutes. Personne n'est encore passé par le parc. En semaine, tous le personnel de l'hôpital situé de l'autre côté du parc passe par ici, que ce soit pour se rendre à l'hôpital ou pour en sortir. Mais durant la fin de semaine, les horaires sont différents, le personnel est coupé.
L'air est froid, sec. Au-dessus de ma tête, le ciel est blanc. Comme si le parc n'était qu'un décor dans un studio de télévision. Autour de moi, tout semble tellement artificiel... Des arbres dénudés de feuilles jusqu'au sable encore humide de la rosée du matin, tout est tellement stérile, faux. Sauf une chose. Au loin, dans un tas de feuilles, au centre de la pataugeoire hors-service depuis quelques mois, la silhouette inerte de Fany.
Ce n'était qu'un jeu, je le jure ! On avait fait attention, on l'avait déjà fait des dizaines de fois. Mais Fany a voulu faire son intéressante et s'était imposée. C'est là que tout avait dérapé.
J'ai rencontré Fany il y a près de dix ans maintenant. En plus d'être voisines, nous étions dans la même classe de maternelle. Nul besoin de préciser que nous étions pratiquement soudées par les hanches ! À la veille de notre entrée en première secondaire, Fany a dû déménager, mais nous avons gardé contact par courriel. Je m'ennuyais bien sûr de mon amie d'enfance, cependant je me suis rapidement fait plusieurs amies à ma nouvelle école. En septembre dernier, les parents de Fany ont divorcé et elle est revenue habiter dans son ancien quartier et s'est inscrite, par le fait même, à la même polyvalente que moi. C'est là que les problèmes ont commencé.
J'aimais bien Fany, mais sa personnalité fleur bleue ne cadrait pas vraiment avec le groupe d'amies que j'avais commencé à fréquenter depuis mon entrée à la polyvalente. C'est pourquoi l'idée de la voir débarquer dans mon univers m'enchantait peu. Comme Fany était dans une classe de niveau enrichi et moi dans un groupe régulier, elle ne voyait pas beaucoup mes nouveaux amis. Elle tentait souvent de nous approcher, mais je trouvais chaque fois une excuse pour l'exclure. Mais un soir d'octobre, hier soir plus précisément, elle s'est imposée. J'étais dans le parc du quartier avec Cynthia et Coraline en train de fumer un petit joint quand elle est arrivée. Je ne sais pas comment elle a fait pour me retrouver, honnêtement je m'en balançais pas mal.
La stratégie de Fany était complètement différente hier soir. Se contentant habituellement de me ramener sur ce qu'on aurait pu qualifier de droit chemin, elle avait plutôt décidé de se faire accepter par celles avec qui je passais maintenant le plus clair de mon temps. Fany s'est donc assise entre Cynthia et moi, l'air sûr d'elle. Lorsque le joint est arrivé à sa hauteur, elle l'a porté à ses lèvres et a aspiré d'un coup, comme si elle consommait depuis toujours. Cynthia et Coraline semblaient apprécier sa compagnie, et nous avons rapidement atteint un état second.
Je ne sais plus comment c'est arrivé, mais nous avons décidé de grimper dans le grand chêne. C'est Fany qui a grimpé le plus haut. Elle a poussé l'audace jusqu'à s'aventurer sur la branche qui surplombait la pataugeoire. Je n'oublierai jamais le bruit qui a retentit lorsque son corps a frappé le sol. Un son lourd, sourd. Tout c'est passé comme au ralentit ; j'ai vu ses omoplates toucher le sol, puis ce fut le tour de sa tête. J'ai tenté de me convaincre que le craquement que j'avais entendu était celui de la branche, mais celle-ci n'avait pas bougé. Le cou de Fany faisait un drôle d'angle avec le reste de son corps.
Prises de panique, nous ne savions pas quoi faire. Coraline ne cessait de nous dire que nous ferions mieux de partir alors que Cynthia insistait pour appeler la police. Sachant pertinemment que nous ne pouvions appeler la police sans se faire accuser de possession de drogue, nous avons fait le pacte de ne plus jamais parler de cette soirée. C'était chacune pour soi.
Cynthia et Coraline ont quitté dans deux directions opposées alors que je me suis plutôt dirigée vers un buisson où je me suis cachée, pour m'assurer qu'on trouverait Fany. Je ne pouvais pas l'abandonner.
Au loin, j'aperçois une femme qui marche d'un pas rapide, avec sous le bras une serviette qui semble pleine de dossiers. Mon cœur bat de plus en plus rapidement. Le cauchemar est bientôt terminé, on va trouver Fany. Elle passe devant la pataugeoire et quelques mètres avant d'emprunter le sentier qui mène à l'hôpital, elle s'arrête brusquement. La femme tourne la tête lentement en direction de la pataugeoire. En apercevant le corps inerte de Fany, elle laisse tomber ses dossiers, les feuilles se dispersant aux quatre vents.
Lentement, je me retourne et me faufile à l'extérieur du parc. Personne ne m'a vue. Je me redresse et marche comme si de rien n'était. Le secret n'est plus le mien. J'ai peur, mais je sais que je dois continuer à avancer sans me retourner. Repose en paix Fany.
L'air est froid, sec. Au-dessus de ma tête, le ciel est blanc. Comme si le parc n'était qu'un décor dans un studio de télévision. Autour de moi, tout semble tellement artificiel... Des arbres dénudés de feuilles jusqu'au sable encore humide de la rosée du matin, tout est tellement stérile, faux. Sauf une chose. Au loin, dans un tas de feuilles, au centre de la pataugeoire hors-service depuis quelques mois, la silhouette inerte de Fany.
Ce n'était qu'un jeu, je le jure ! On avait fait attention, on l'avait déjà fait des dizaines de fois. Mais Fany a voulu faire son intéressante et s'était imposée. C'est là que tout avait dérapé.
J'ai rencontré Fany il y a près de dix ans maintenant. En plus d'être voisines, nous étions dans la même classe de maternelle. Nul besoin de préciser que nous étions pratiquement soudées par les hanches ! À la veille de notre entrée en première secondaire, Fany a dû déménager, mais nous avons gardé contact par courriel. Je m'ennuyais bien sûr de mon amie d'enfance, cependant je me suis rapidement fait plusieurs amies à ma nouvelle école. En septembre dernier, les parents de Fany ont divorcé et elle est revenue habiter dans son ancien quartier et s'est inscrite, par le fait même, à la même polyvalente que moi. C'est là que les problèmes ont commencé.
J'aimais bien Fany, mais sa personnalité fleur bleue ne cadrait pas vraiment avec le groupe d'amies que j'avais commencé à fréquenter depuis mon entrée à la polyvalente. C'est pourquoi l'idée de la voir débarquer dans mon univers m'enchantait peu. Comme Fany était dans une classe de niveau enrichi et moi dans un groupe régulier, elle ne voyait pas beaucoup mes nouveaux amis. Elle tentait souvent de nous approcher, mais je trouvais chaque fois une excuse pour l'exclure. Mais un soir d'octobre, hier soir plus précisément, elle s'est imposée. J'étais dans le parc du quartier avec Cynthia et Coraline en train de fumer un petit joint quand elle est arrivée. Je ne sais pas comment elle a fait pour me retrouver, honnêtement je m'en balançais pas mal.
La stratégie de Fany était complètement différente hier soir. Se contentant habituellement de me ramener sur ce qu'on aurait pu qualifier de droit chemin, elle avait plutôt décidé de se faire accepter par celles avec qui je passais maintenant le plus clair de mon temps. Fany s'est donc assise entre Cynthia et moi, l'air sûr d'elle. Lorsque le joint est arrivé à sa hauteur, elle l'a porté à ses lèvres et a aspiré d'un coup, comme si elle consommait depuis toujours. Cynthia et Coraline semblaient apprécier sa compagnie, et nous avons rapidement atteint un état second.
Je ne sais plus comment c'est arrivé, mais nous avons décidé de grimper dans le grand chêne. C'est Fany qui a grimpé le plus haut. Elle a poussé l'audace jusqu'à s'aventurer sur la branche qui surplombait la pataugeoire. Je n'oublierai jamais le bruit qui a retentit lorsque son corps a frappé le sol. Un son lourd, sourd. Tout c'est passé comme au ralentit ; j'ai vu ses omoplates toucher le sol, puis ce fut le tour de sa tête. J'ai tenté de me convaincre que le craquement que j'avais entendu était celui de la branche, mais celle-ci n'avait pas bougé. Le cou de Fany faisait un drôle d'angle avec le reste de son corps.
Prises de panique, nous ne savions pas quoi faire. Coraline ne cessait de nous dire que nous ferions mieux de partir alors que Cynthia insistait pour appeler la police. Sachant pertinemment que nous ne pouvions appeler la police sans se faire accuser de possession de drogue, nous avons fait le pacte de ne plus jamais parler de cette soirée. C'était chacune pour soi.
Cynthia et Coraline ont quitté dans deux directions opposées alors que je me suis plutôt dirigée vers un buisson où je me suis cachée, pour m'assurer qu'on trouverait Fany. Je ne pouvais pas l'abandonner.
Au loin, j'aperçois une femme qui marche d'un pas rapide, avec sous le bras une serviette qui semble pleine de dossiers. Mon cœur bat de plus en plus rapidement. Le cauchemar est bientôt terminé, on va trouver Fany. Elle passe devant la pataugeoire et quelques mètres avant d'emprunter le sentier qui mène à l'hôpital, elle s'arrête brusquement. La femme tourne la tête lentement en direction de la pataugeoire. En apercevant le corps inerte de Fany, elle laisse tomber ses dossiers, les feuilles se dispersant aux quatre vents.
Lentement, je me retourne et me faufile à l'extérieur du parc. Personne ne m'a vue. Je me redresse et marche comme si de rien n'était. Le secret n'est plus le mien. J'ai peur, mais je sais que je dois continuer à avancer sans me retourner. Repose en paix Fany.
mercredi 4 novembre 2009
CONSIGNE DE LA SEMAINE 1
Thème : Un cadavre au parc Lafontaine (ou tout autre parc près de chez vous)
Genre : Policier
Contrainte : Récit au « je ».
On a trouvé un cadavre dans le parc Lafontaine. Imaginez ce qui a bien pu se passer. Qui est la victime? Qui est l’assassin? A quelle heure la mort est-elle survenue?
Quelle est le mobile du crime? Est-ce un accident? Un suicide? Un meurtre?
Vous devez choisir un point de vue sur le drame et raconter l’histoire au « Je ». Êtes-vous la victime? Un témoin? Le meurtrier ou la meurtrière? La police qui enquête? Un(e) ami(e) de la victime?
Essayez de bien visualiser la scène dans votre tête, ça devrait vous aider. Plus vous voyez les lieux clairement, plus c’est facile d’y inventer une histoire. Est-ce que c’est la nuit? Le jour? En été? En hiver? Il pleut? Il fait beau? Froid?
Vous pouvez même aller vous promener dans le parc pour identifier l’endroit précis où vous allez camper votre histoire. Ça sera plus facile de décrire les lieux s’ils sont clairs dans votre tête.
Truc no 1 : Écrire, c’est se poser des questions
Quand on écrit, il faut sans cesse se poser des questions, mais il y a quatre incontournables auxquelles il est difficile d’éviter de répondre. Qui? Quoi? Où? Quand?
L’ordre n’a pas d’importance, ce qui compte, c’est de toutes se les poser à un moment ou l’autre. Il m’est arrivé de commencer des histoires à partir d’un personnage, d’autres fois, à partir d’une situation que je trouvais intéressante.
Donc, les 4 fabuleuses questions sont :
QUI? À qui arrive l’histoire? Ça sert, vous l’aurez deviné, bande de perspicaces, à trouver les personnages principaux de votre histoire.
QUOI? Qu’est-ce qui arrive? Quelle est la situation de départ? Quel est le problème auquel le personnage principal est confronté? Quel but cherche-t-il à atteindre?
OÙ? Euh… Ai-je besoin d’expliquer la question? Ce qui est bien en littérature, c’est la liberté. Dans un livre (et même au théâtre si les spectateurs et la mise en scène font preuve d’un peu d’imagination), les budgets sont illimités. Contrairement à la télé et au cinéma, vous pouvez camper votre histoire en plein cœur de New York, dans une banlieue d’Istanbul ou dans la forêt en Abitibi sans que ça vous coûte un sou. Vous pouvez prendre un jet privé et atterrir dans le Sahara, repartir en hélicoptère jusqu’au bord de la mer et revenir en voilier jusqu’à la Terre de feu, tout ça gratuitement!
QUAND? On n’est pas toujours obligé d’avoir la date exacte, mais il faut au moins savoir si notre histoire se passe à notre époque, au Moyen-âge ou en 2089. Ça aide à déterminer si le personnage envoie un coursier à cheval, un texto ou s’il utilise son visiaphone à puce greffé à même son cerveau pour inviter la belle Cunégonde à souper. On peut aussi préciser le temps, jour, nuit, saison. Se retrouver enfermé dehors sur le balcon en pyjama en juillet ou en janvier ne comportent pas les mêmes inconvénients.
Bien sûr, vous pouvez raconter l’histoire de personne à qui il n’arrive rien nulle part. Tout est possible. Mais disons qu’il faut faire preuve de beaucoup de style si vous ne voulez pas que vos lecteurs tombent endormis avant la fin de la première page.
Genre : Policier
Contrainte : Récit au « je ».
On a trouvé un cadavre dans le parc Lafontaine. Imaginez ce qui a bien pu se passer. Qui est la victime? Qui est l’assassin? A quelle heure la mort est-elle survenue?
Quelle est le mobile du crime? Est-ce un accident? Un suicide? Un meurtre?
Vous devez choisir un point de vue sur le drame et raconter l’histoire au « Je ». Êtes-vous la victime? Un témoin? Le meurtrier ou la meurtrière? La police qui enquête? Un(e) ami(e) de la victime?
Essayez de bien visualiser la scène dans votre tête, ça devrait vous aider. Plus vous voyez les lieux clairement, plus c’est facile d’y inventer une histoire. Est-ce que c’est la nuit? Le jour? En été? En hiver? Il pleut? Il fait beau? Froid?
Vous pouvez même aller vous promener dans le parc pour identifier l’endroit précis où vous allez camper votre histoire. Ça sera plus facile de décrire les lieux s’ils sont clairs dans votre tête.
Truc no 1 : Écrire, c’est se poser des questions
Quand on écrit, il faut sans cesse se poser des questions, mais il y a quatre incontournables auxquelles il est difficile d’éviter de répondre. Qui? Quoi? Où? Quand?
L’ordre n’a pas d’importance, ce qui compte, c’est de toutes se les poser à un moment ou l’autre. Il m’est arrivé de commencer des histoires à partir d’un personnage, d’autres fois, à partir d’une situation que je trouvais intéressante.
Donc, les 4 fabuleuses questions sont :
QUI? À qui arrive l’histoire? Ça sert, vous l’aurez deviné, bande de perspicaces, à trouver les personnages principaux de votre histoire.
QUOI? Qu’est-ce qui arrive? Quelle est la situation de départ? Quel est le problème auquel le personnage principal est confronté? Quel but cherche-t-il à atteindre?
OÙ? Euh… Ai-je besoin d’expliquer la question? Ce qui est bien en littérature, c’est la liberté. Dans un livre (et même au théâtre si les spectateurs et la mise en scène font preuve d’un peu d’imagination), les budgets sont illimités. Contrairement à la télé et au cinéma, vous pouvez camper votre histoire en plein cœur de New York, dans une banlieue d’Istanbul ou dans la forêt en Abitibi sans que ça vous coûte un sou. Vous pouvez prendre un jet privé et atterrir dans le Sahara, repartir en hélicoptère jusqu’au bord de la mer et revenir en voilier jusqu’à la Terre de feu, tout ça gratuitement!
QUAND? On n’est pas toujours obligé d’avoir la date exacte, mais il faut au moins savoir si notre histoire se passe à notre époque, au Moyen-âge ou en 2089. Ça aide à déterminer si le personnage envoie un coursier à cheval, un texto ou s’il utilise son visiaphone à puce greffé à même son cerveau pour inviter la belle Cunégonde à souper. On peut aussi préciser le temps, jour, nuit, saison. Se retrouver enfermé dehors sur le balcon en pyjama en juillet ou en janvier ne comportent pas les mêmes inconvénients.
Bien sûr, vous pouvez raconter l’histoire de personne à qui il n’arrive rien nulle part. Tout est possible. Mais disons qu’il faut faire preuve de beaucoup de style si vous ne voulez pas que vos lecteurs tombent endormis avant la fin de la première page.
mardi 3 novembre 2009
Demain, c'est promis
Je mets les premières consignes en ligne demain. En attendant, aiguisez vos claviers et faites réchauffer vos neurones dans une petite casserole. Ça pourra toujours servir.
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