vendredi 22 janvier 2010

Texte de la semaine 7 : Tout m'avale

Novembre 2004

Tout m’avale. J’ai l’impression de me faire engloutir par la vie. Autour de moi, le monde semble s’effondrer, et en même temps, je me fais emporter par un torrent d’idées noires. Un par un, ils m’ont quitté. Tous ceux que j’aimais, que j’aime ou que j’aurais aimé m’ont laissé tomber. J’ignore pourquoi, et j’aimerais bien le savoir. Ou peut-être pas en fait… Cela me replongerait sûrement dans une mélancolie encore plus profonde. Tous m’ont abandonné, et j’ai depuis peu touché le fond. Je suis prisonnière de ma solitude. Que faire, où aller ? Demander de l’aide peut-être ? Non, je me ferais une fois de plus rejeter sur la plage par cette marée indifférente. Mais pourquoi ? Pourquoi quoi ? Pourquoi moi ! Je l’ignore. Je ne sais pas, je ne sais plus. Je ne sais plus, je ne pense plus. J’essaie de raisonner, mais sans succès. Tout ce à quoi je pense est dépourvu de sens. Quand le calme reviendra-t-il, quand le moment de quitter le creux de l’abîme viendra-t-il ? Je n’en sais rien, mais d’ici là, je n’ai qu’un seul but. Survivre, et surtout tenter, tenter de rester saine d’esprit en attendant le jour où je pourrai refaire surface. Le jour où je prendrai une bouffée d’air dans ma nouvelle vie. Le jour où tout recommencera, mais sans la tempête. Et ce jour là, j’aurai changé.


Janvier 2010

Je me fais littéralement avaler. Je me sens comme si la vie était en train de me bouffer toute ronde. Partout où je regarde, que ce soit en avant, en arrière ou encore sur les côtés, tout semble être en chute libre. Et c’est sans mentionner les pensées pas toujours très joyeuses qui me hantent… Une personne. Puis une autre. Et encore une. Ils sont partis, me laissant seule ! Tous ces gens que j’avais un jour adorés, ceux que j’aime en ce moment, et même ceux que je prévoyais un jour apprécier, ils m’ont laissée là, toute seule. La raison ? Je n’en ai aucune idée, vraiment. Mais je voudrais bien savoir la cause de tout cela… Après réflexion, peut-être pas en fait… Il me semble que je tomberais simplement plus bas. Depuis que je suis toute seule, on dirait que j’ai mis le pied au quatorzième sous-sol. Je me sens pensionnaire du pénitencier de l’oubli qui s’y trouve… Je fais quoi, je vais où ? Je ne peux quand même pas accepter quand on m’offre un coup de pouce ! Ces gens peu sincères retireraient probablement leur offre si j’en venais à dire oui ! Hypocrisie. Mais la vraie question demeure : pourquoi. Pourquoi quoi, me direz-vous ? Pourquoi moi, vous répondrai-je ! Ne me le demandez pas. Je ne sais pas, je ne sais plus. Plus même. Je ne sais plus, je ne pense plus. L’intégralité de mes pensées ferait une excellente compétition à Ionesco avec sa Cantatrice… Quand est-ce que ça reviendra comme avant ? Quand est-ce que je pourrai retourner à mon état normal ? Ça non plus, je n’en ai aucune idée. Mais je me suis fixé un objectif d’ici là. Survivre. Ah oui, et aussi essayer un minimum de garder toute ma tête pour ce moment. Ce moment où tout ira mieux, me permettant de repartir à zéro, à neuf. Et là, je serai différente.

2 commentaires:

  1. Wow! Voilà un exercice intéressant! Je n'arrive pas à savoir lequel je préfère. Peut-être le nouveau? On y sent un peu plus de maturité. (Si on se fie à la date, il a dû être écrit pas mal jeune, l'autre...)
    Et toi, comment as-tu aimé l'expérience? As-tu souffert?
    Lequel tu préfères?

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  2. En effet, très différents l'un de l'autre... Je crois par contre que j'aime mieux le premier, l'ayant beaucoup travaillé à l'époque. Et comme je l'ai beaucoup relu depuis, il est imprégné en moi...

    J'ai honnêtement à la fois adoré et détesté l'expérience. J'ai trouvé difficile de malmener un texte qui m'était si cher, mais je me suis dit que tant qu'à faire un exercice, autant y mettre le paquet... J'ai trouvé vraiment intéressant de pouvoir tout changé comme bon me semblait, et j'aimerais bien éventuellement répéter l'expérience, mais sur le texte de quelqu'un d'autre...

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